... parce qu'écrire ce genre de choses sur un coup de tête ne suffit pas.
Le système nous tient. Il nous tient et nous embrigade chaque jour un peu plus dans son cercle vicieux. Des cercles théorisés par beaucoup de sociologues, philosophes, politiciens ou économistes et j'en passe. Une évolution lente ou rapide selon les points de vus. Le système nous tient et nous fatigue, alors fatigués nous avançons vers un quelque part sans raisonnement propre. Où ça ? Vers quoi ? Aucune idée. L'important est de survivre.
Malheureusement le rêve ne nous guide plus assez vers l'avant, plus assez vers notre avant. Le pessimisme a envahit le c½ur des hommes depuis longtemps déjà. Un pessimisme étriqué qui s'est vite rapproché de l'individualisme et de l'égocentrisme. On parlait d'ethnocentrisme, on a dérivé sur xénophobie. On pense que les mentalités évoluent alors qu'en réalité elles ne font que se modifier. Il y a toujours les extrémistes, les indécis et les centristes. Toujours. Et finalement, tous sont réunis autours d'un même sujet : la politique.
Aujourd'hui la tendance est à la crise. Une crise qui nous obsède chacun tour à tour. On la regarde avec nos yeux ébahis. On ne comprend pas. Ils parlent de chiffres désastreux, ils parlent de pertes, de besoins, de problèmes, d'idées, de plans de relances... On commence déjà à manifester. Si certains savent pourquoi, d'autres pas. Les idées de mai 69 sont toujours dans les esprits de quelques révolutionnaires. Avant cette date, 89 était l'année de référence. Aujourd'hui entre passé et histoire, il ne reste que le présent. Un présent proche qui ne nous donne pas assez d'éléments pour continuer, tout ça parce que l'humain, parce que l'Homme a besoin de plus. Il ne se satisfait pas de ce qu'il a, il se créée des nécessités là ou il n'en a pas. Le système nous tient. Il nous guide et va même jusqu'à gérer nos besoins. Obsédés par l'envie d'avancer mais la peur de tomber, opportunistes, on préfère se réfugier dans une forme succincte de la sécurité. On se réfugie pour ne pas sortir, et lorsque l'on s'essaye au défilé, on a finalement le sentiment de ne moins bien être représenté qu'avant, car beaucoup moins écouté. Les mouvements ne sont plus les mêmes, ou du moins, ils ont besoin de renouveau. Si les idées perdurent et que les convictions ne cessent de s'affirmer, les démarches se ralentissent. Le système nous tient : avancer ne suffit plus. Avancer ne peut plus répondre, ne peut plus suffire. Maintenant il faut agir, il faut monter, il faut gravir d'autres étapes.
Mais la crainte nous tiraille. On a bien trop souvent peur des mots. Peur de les employer comme de les entendre. On en a peur parce qu'au final on ne les connait pas si bien. Les mots et leur art sont tellement profonds de sens, de sous entendus, de références. Les mots des Grands sont imposant alors que les notre ne semblent pas crédibles. Si certains croient encore en leurs idées, et arrivent à y déposer les mots justes, beaucoup semble encore terrorisés devant la parole, la phrase, la syntaxe, les définitions.
Et moi je pense, dans toute la naïveté dont je fais preuve, je suis presque même persuadée que ce qu'il manque réellement aux Hommes d'aujourd'hui, ce n'est qu'un brin d'amour. Un brin d'amour qui suffirait à leur redonner leurs rêves, et par là même, leur raison...